Savoir vivre chez les truands (le)

 

 

  • Poche: 270 pages
  • Editeur : Arléa (11 mai 2006)
  • Collection : Arléa-Poche
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2869597436
  • ISBN-13: 978-2869597433

Le mot de l’éditeur

Le Milieu et ses mœurs nous sont ici racontés par un des maîtres incontestés de la langue verte : Albert Simonin (1905-1980), l’auteur du célèbre Touchez pas au grisbi, du non moins célèbre Le cave se rebiffe et de Grisbi or not Grisbi (devenu à l’écran, enrichi des dialogues de Michel Audiard, Les Tontons flingueurs).

Pastichant les manuels de savoir-vivre de la « haute », Simonin, pour notre plus grand plaisir, passe en revue le code des convenances, des bons usages, des coutumes qu’il importe de connaître et de respecter dans le Milieu « dès qu’on ambitionne d’atteindre les soixante-huit ans d’âge... » Il nous prévient salutairement : « La gaffe, l’impair, le mot blessant, la médisance, l’indélicatesse, sanctionnés dans le monde des caves par un refroidissement des relations, le sont souvent, dans le Mitan, par le refroidissement à zéro du gaffeur, du malotru, de l’injurieux, du médisant, de l’indélicat, et le savoir-vivre chez les truands pourrait plus justement se nommer le savoir-survivre ».

En juin 1960, Roger Nimier écrivait : « Enfin Simonin vint, furtif Furetière qui remit de l’ordre dans le crime, comme Malherbe l’avait fait dans les vers. » Quant à Léo Malet il n’hésitait pas à surnommer l’auteur du Grisbi « le Chateaubriand de l’argot ».

 

L’élucubration du bertrand

Maître ès langue verte ou noire, moi je dis chacun sa couleur. Ce qu’est sûr, mais alors certain de chez évident,  c’est qu’Albert Simonin a le génie de la langue des faubourgs, de celle qu’on jactait de naissance sans s’emmerder à poser son cul sur un banc crasseux d’école publique.

Après avoir tartiné quelques souvenirs sous forme de roman, Albert a eu une étincelle cervelette, ni idiote ni loufdingue : plutôt que d’aller essayer de traduire des foutus manuels de savoir-trinquer écrits généralement par des pincées des louloutes, pourquoi pas se fendre d’un vrai viatique bienséant au pays du mitan ? Voilà une idée qu’elle était bonne, et si les pégriots y trouveront évidemment leur compte, le cave pourra aussi l’apprendre par cœur, histoire que cézigue le soit un peu moins, caviot.

Ce bouquin ne peut être ni critiqué ni apprécié, le génie ne se prêtant pas à ce genre d’entourlouze. Vaut mieux que je me tire et que je laisse la place à l’Albert…

La toilette : « Vous évoquer au paddock nous amène, raide comme balle, à vous saisir au petit lever, et à vous entretenir en priorité du pyjama, une des pièces maîtresses de votre garde-robe. »

Le blaze : « De même qu’il n’est pas de fumée sans feu, il n’est pas de blaze sans origine, gratuitement attribué, et qui ne reflète le truand qui le porte, sa carrière, ses mérites, ses tares. »

La voiture : « descendre au Bois une ou deux frangines qui vont en votre honneur y prendre leur poste d’affût: effectuer un aller-retour au champ de courses, sur lequel un outsider que vous suivez depuis ses débuts doit disputer l’épreuve de sa carrière ; draguer une dizaine de bornes dans les quartiers propices, à l’heure où les bureaux libèrent la dactylo avide de s’émanciper ; passer relever les compteurs auprès de vos gagneuses, nous ne voyons guère, mis à part les petits parcours de sirop à tapis, en quelle autre circonstance vous allez avoir l’occasion de faire rouler cette tire. Dès lors, qu’avez-vous donc à foutre qu’elle consomme comme un char Sherman ? »

Les nanas : « Vous l’aurez levée à la rencontre, dans un guinche, voire du siège de votre Américaine, à la drague. Une attaque nerveuse de l’asphalte par le paturon cambré, un galbe de jambe émouvant, un roulis de hanche généreux, peut-être simplement un port de tête décidé, vous auront alerté, fait subodorer la qualité à l’état pur. Vite fait, bien fait, voilà la pouliche emballée, à disposition de usted. Une page de son destin vient de se tourner. La joie du bon artisan devant le fin labeur à exécuter vous anime. Déjà la délicate option sollicite votre esprit : dressage en férocité ou dressage en persuasion ?...

C’est tout de la même eau, et pendant 271 pages c’est l’arc en ciel improbable d’une littérature souvent grise ou rouge un peu trop sang. Quand z’aurez terminé c’te book, vous le relirez aussi sec, foi de caviot.

Les Tontons Flingueurs

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