Nestor Burma - Brouillard au pont de Tolbiac

 

 

  • Poche: 186 pages
  • Editeur : Pocket (3 décembre 2009)
  • Collection : Policier / thriller
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2266201980
  • ISBN-13: 978-2266201988

Le mot de l’éditeur

Années 1950. Dans les brumes parisiennes du XIIIe arrondissement, Nestor Burma est rattrapé par son passé : une jeune gitane des rues le guide vers l'hôpital de la Salpêtrière où il découvre le cadavre de son ancien camarade de lutte. Il est loin le temps où "Dynamite Burma" fréquentait la cellule anarchiste du quartier... Reconverti dans la fausse monnaie et la ferraille, le mort continuait, lui, à vivre dangereusement, menacé par la bande de l'attentat du pont de Tolbiac, une affaire sanglante jamais élucidée. Le privé a beau se vanter de "mettre le mystère K.-O. ", comme l'indique sa plaque de détective, il ne peut rien contre le jeu de massacre qui s'annonce. D'autant qu'il est prompt à s'émouvoir face à Bélita, la femme-enfant égarée sur son chemin...

Les élucubrations du Bertrand

Ce polar est paru en 1956 dans la série qu’a consacré Léo Malet à la capitale, « Les nouveaux mystères de Paris ».

Malet a voulu, ou subi, son héros comme un privé qui ne réussit pas souvent. Là encore Burma échoue. Oh, pas complètement bien sûr, son ami sera vengé, les affreux qui l’ont tué seront fait aux pattes ou occis, mais lui perdra aussi. Burma n’est pas le gagnant qu’adule un public : il est tout bêtement humain.

Brouillard au pont de Tolbiac est un voyage complet dans le XIIIème parisien. On aimera (ou pas, d’ailleurs) cette exploration minutieuse du macadam, le foisonnement de noms de rues : le site « Terre des écrivains » a fait un travail qu’il faut saluer sur ce bouquin, en nous rafraichissant la mémoire sur les lieux visités par Nestor au cours de son enquête (vous pouvez cliquer ici  )

Humain, Burma l’est ici terriblement puisqu’il tombe amoureux d’une jeune gitane que son ami avait pris sous son aile sans jamais la toucher, une « romano » qui lui avait été louée par une bande d’affreux, une bande décidée à la reprendre puisque la pension que versait cet ami n’est plus réglée rubis sur l’ongle.

Tout est triste à pleurer dans ce polar. Les lieux sont immondes, noyés dans la brume comme il semble que c’est leur destinée immuable, le brouillard. Les gens sont moches, des affreux gitans aux ex-anars reconvertis dans le faire suer l’burnous aux derniers de la classe. Burma n’y est pas dépaysé : le XIIIème, il connait, les rêves anarchistes, il a donné, la trahison mauvaise des petites gens, il a appris avec le temps. Il essaie bien de se sortir de ses souvenirs, mais le destin tragique du XIIIème les rattrape… Tous, jusqu’au dernier.

Un polar qu’on ne lit pas avec plaisir, un polar non jubilatoire s’il en est, un polar à se rendre plus triste encore un jour de pluie. Ou de brouillard. Trois polars en un, m’sieurs dames, et pour le même prix ! Une exploration des profondeurs d’un Paris que n’auront pas idée de visiter les touristes, une histoire d’amour finement ébauchée, l’épilogue d’une vieille vengeance bien recuite. C’est moche, l’homme…

Brouillard au Pont de Tolbiac

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