Commissaire Garon - Emphysiqué !

 

 

  • Broché
  • Editeur : Beaurepaire (24 février 2012)
  • ISBN-10: 2357671211
  • ISBN-13: 978-2357671218

Vacheries, espionnage et manipulations...


Résumé de l'éditeur

Roland Ariel-Sachs, homme politique lyonnais mais aussi tout-puissant directeur général du Fonds monétaire de secours est accusé de viol lors d’une réunion du G20 se tenant dans un grand hôtel de Hua Hin, station balnéaire huppée du golfe de Siam.
Le ministère de l’Intérieur charge le divisionnaire Garon d’une enquête discrète : Ariel-Sachs est-il le pervers que décrit la presse ou s’agit-il au contraire d’une lointaine et diabolique machination ? Alors que l’adversaire autoproclamé du Président Balkücy semble se désintégrer en vol et que l’euro est attaqué, l’Elysée et la place Beauvau tentent de circonscrire l’incendie. Par tous les moyens…

L'élucubration du bertrand

L’affaire Strauss-Kahn, on en a ras la casquette, et pourtant c’est de ce fait divers que Saint-Luc, l’auteur de la série policière « Commissaire Garon », a choisi de s’inspirer pour sa troisième livraison, « Emphysiqué ! ».

Curieux titre, d’ailleurs ! Probablement de l’argot, me suis-je dit, et j’ai tapé dans le mille. Ah, Internet quand même, t’es bien pratique ! Comme vous connaissez encore mieux Google que moi, je vous laisse découvrir par vous-même ce mot du patois genevois…

Le directeur général du Fonds monétaire de secours est arrêté par la police thaïlandaise alors qu’il assistait à un sommet du G20. Où ? A Hua Hin, une station balnéaire proche de Bangkok. Motif ? Il est accusé d’avoir violé une femme de service du Sofitel local. Vous voyez le parallèle, ou alors vous bronziez  l’année dernière au Pole Sud.  Est-ce que ça donne envie d’en lire plus ? Pas vraiment, on a déjà assez donné, merci. Eh bien, on aurait grand tord !

Roman très inhabituel, mêlant espionnage, humour vache et carnets de voyage. En un mot, inclassable. Ah cet humour, acide à la Philippe Alexandre, grinçant à la Bernard Mabille, allusif à la Jacques Maillot, parfois épouvantable à la Desproges , il affleure à presque chaque page. Et Saint-Luc n’est pas du genre tendre ! Florilège…

« Quant à Marie Le Glaënnec, la nouvelle présidente de l’Union des sans-grade, blonde des près défendant depuis peu le mélange des couleurs, sentant bon la France –de loin-  et le Chanel n°5 –de plus près-, bonimenteuse de si grand talent qu’elle réussissait à t’estourbir la méfiance en campant la Jeanne d’Arc prérôtissoire… » Et pan à droite !

« La candidate du Mouvement pour la Nature, qu’un régiment de russes en goguette n’eût pas touchée après la prise de Berlin, s’exprimait d’une petite voix sifflante de haine à demi- contenue… » Et pan à gauche !

« Pourquoi n’y avait-il aucun mendiant dans ce quartier ? Les ramassait-on à l’heure du laitier comme on récupérait les ordures pour renvoyer le tout vers le boulevard de la Chapelle ? »

« L’homme dans cette pièce, c’était l’éditorialiste du Cri, encore appétissante pour qui aimait les beautés patinées par le temps… Les traits empâtés, témoins d’une rejuvénation déjà ancienne, d’un botox sur le déclin ou d’une microsclérose en jachère…

Comme vous le voyez, ce roman ne réjouira ni les féministes, ni les bonnes âmes : Gisèle Halimi en fera des confettis et Droit Au Logement un autodafé ! Dans un autre registre, plus observateur averti que polémiste, parlant des créatures qui hantent la petite station siamoise :

« Lorsqu’elles sont chanceuses, les frêles silhouettes suivent leurs gros teutons jusqu’à leur hôtel climatisé et abusent alors de la baignoire et des gels douche de prix : la plupart se réveilleront en pleine nuit au son des ronflements rhénans et en profiteront pour se livrer à une exploration minutieuse de la vêture et du portefeuille de leur naïf protecteur d’un soir, qui découvrira au petit matin que le pays du sourire est aussi et surtout celui de la débrouille. »

Inclassable, ce livre mérite absolument le détour, d’autant qu’il est remarquablement bien écrit : le style en est vif et la lecture fluide sans les longueurs à la mode (certains feraient bien de s’en inspirer parce que j’en ai marre des descriptions d’un bosquet polonais sur trois pages !). L’intrigue est parfaitement crédible, et l’humour, vachard le plus souvent mais parfois tendre,  présent à presque chaque page. Bref, un pur régal. Le premier Garon était prometteur mais l’intrigue en était bâclée, j’avais beaucoup aimé le second, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce troisième.

 

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Commentaires (3)

1. noirdepolars (site web) 31/05/2012

je partage l'avis de Zazy, car je n'ai jamais trop aimé San Antonio. Et des trois réferences que vous citez, la plus évidente est sans aucun doute Desproges. Merci d'être venu sur ce blog, Minos !

2. zazy (site web) 25/05/2012

C'est un bon cru !!!
Par contre, je le trouve beaucoup moins grivois que San Antonio et moins graveleux que Professeur Chiron. Par rapport à Desproges, cela peut se discuter !!! Que diantre, il a son propre style ce Saint-Luc

3. minos 15/04/2012

Un vrai style littéraire ,subtil mélange de plusieurs influences,grivois comme San Antonio,caustique comme Desproges,graveleux comme Pr. Chiron.

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